www.snuipp.fr

SNUipp-FSU Tarn 81

Vous êtes actuellement : Comité Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail 

fontsizeup fontsizedown {id_article} impression s'abonner  à la rubrique {}
16 avril 2020

Vers le déconfinement du 11 mai : CHSCT académique

Alors que les Comités Hygiène Sécurité et Conditions de Travail sont voués à disparaître en 2022 avec la loi de la Transformation de la Fonction Publique, ils se révèlent plus qu’utiles pour notre administration en cette période de crise sanitaire. Compte rendu rapide du CHSCT académique du mercredi 15 avril 2020 par les représentant.es du Tarn

En effet, le Recteur a convoqué cette instance au moins 4 fois depuis le 6 mars. Aujourd’hui, il met en avant une co-construction du déconfinement avec les organisations syndicales, les fédérations de parents d’élèves, les élus..., en organisant des groupes de travail des membres de cette instance et possiblement des membres de la même instance au niveau départemental, afin que les remontées locales permettent l’élaboration d’un cadrage national.

Du CHSCT académique du mercredi 15 avril 2020, ressortent un certain nombre de points qui, nous interpellent et nous font dire que nos dirigeants n’ont pas la moindre idée du déroulement du déconfinement.

Le Recteur nous parle d’une reprise progressive dont on ne connaît pas encore les modalités, mais nous avons un mois pour y réfléchir et pour construire un plan.

Le Recteur nous dit que les étudiant.es ne peuvent passer leurs examens dans un amphi pour cause d’une trop grande promiscuité... Cherchons l’erreur ! Quid de la promiscuité dans une cantine, dans un internat, dans une salle de classe, dans les transports en commun qui nous ramèneront sur les chemins de l’école ?

En ce qui concerne l’accueil des élèves dans les classes, le Recteur dit qu’il serait peut-être possible de s’inspirer de l’accueil tel qu’il est fait actuellement pour les enfants dont les parents sont en première ligne dans la gestion de cette crise, c’est-à-dire n’en recevoir que 10 en même temps dans une classe. Mais que ferait-on des autres ? D’autres moyens seraient-ils prévus pour les accueillir ? Pour ceux qui devront rester à la maison, comment les enseignant.es devront-ils gérer l’enseignement à distance en plus du présentiel ?

Le Recteur dit que l’Éducation Nationale devra être en lien étroit avec les collectivités territoriales en ce qui concerne le nettoyage des locaux, l’octroi de savon, de gels hydroalcooliques en quantité suffisante...

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’encore une fois, la protection des personnels de l’Éducation Nationale n’est pas une priorité pour notre employeur.

A priori les gestes barrière ne sont pas suffisants et s’avèrent impossible à l’école puisque notre employeur a fait une commande de masques ! Oui mais pas de masques FFP2 dont nous ne saurions pas nous servir (discours de la porte-parole du gouvernement, celle-là même qui nous envoyait cueillir des fraises, et relayé par le médecin de prévention lors du CHSCT !), ces masques-là qui pourtant étaient dans les établissements lors de l’épidémie de la grippe H1N1 (en 2009, notre employeur nous considérait capable de les utiliser !), mais qui ont été réquisitionnés au début de l’épidémie, ces masques-là qui protègent celui ou celle qui le porte mais aussi celui ou celle qui est proche. Et bien non ! Nous aurons des masques chirurgicaux, qui ne protègent que celui ou celle qui ne le porte pas ! Donc les enfants seront protégés de nos postillons mais nous ne serons absolument pas protégé.es des leurs et eux non plus !

En effet, il n’est absolument pas prévu que les enfants aient une quelconque protection (imagine-t-on un.e élève de Petite Section de 3 ans garder son masque sur la bouche toute la journée ?). Le gouvernement prépare donc tranquillement la seconde vague qui va nous arriver tout droit de nos enfants.

Les personnels fragiles ne reprendront pas le travail le 11 mai. Pour les autres, les risques seront grands et nous devrons être fermes quant aux conditions de déconfinement. Si tant est que nous acceptions qu’il ait lieu.

Se cachant derrière l’enjeu fondamental de l’égalité des chances, la reprise de l’école à partir du 11 mai serait la seule manière de reprendre le contact avec ceux qui ont « décroché ». Cette période de confinement défavorise un certain nombre d’élèves et nous ne cessons de dénoncer cela depuis des semaines tandis que la Ministère répète en boucle « continuité pédagogique ». Mais nous savons aussi que ces inégalités sont bien antérieures au confinement, elles sont en grande partie le résultat des politiques menées par ce même ministère et les précédents. Cette crise sanitaire n’a fait que les exacerber davantage et les révéler au grand public.

La réalité est donc toute autre : notre administration ne fait que répondre à une demande pressante du MEDEF qui a besoin urgemment d’une garderie pour que les travailleurs et les travailleuses puissent revenir rapidement à la production et que les dividendes des actionnaires puissent être reversés !

Les parents en télétravail et pouvant s’occuper de leurs enfants ne les enverront pas à l’école dans un contexte de danger potentiel. En revanche, les parents sommés de reprendre le chemin de l’usine, du chantier ou du bureau seront contraints de les y envoyer.

Au final, s’agit-il de sacrifier les travailleurs et les travailleuses sur l’autel des profits ?

 

16 visiteurs en ce moment

*Top

SNUipp du Tarn 201 rue Jarlard, 81000 Albi

tél : 05 63 38 44 34 @ : snu81@snuipp.fr


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU Tarn 81, tous droits réservés.