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De toute urgence, il faut dégripper le système de santé !
mardi, 31 janvier 2017
/ Mathieu M

Tout d’abord, saluons le dévouement des personnels de santé qui se sont dépensés sans compter pour faire face à l’épidémie de grippe. Reconnaissons que la vague de froid n’a pas facilité leur tache mais disons tout de même qu’elle ne suffit pas à expliquer l’incapacité à prendre en charge une épidémie saisonnière, même si, cette année, elle a été plus précoce et plus virulente.

La vérité c’est que cette situation est l’aboutissement de choix budgétaires faits depuis des années par le gouvernement actuel et les précédents. Ces choix ont consisté à sabrer dans les dépenses publiques consacrées à la santé et, notamment, aux hôpitaux publics pour engraisser les groupes privés qui regardent avec un appétit féroce cette part considérable de la richesse nationale.

Fin septembre 2016, lors de la présentation du projet de budget de la Sécurité Sociale, la Ministre Marisol Touraine s’enorgueillissait d’avoir presque bouché le trou de la Sécu...

Rien que ça ! Comment ? En augmentant les recettes ? Pas du tout ! A coup de réductions drastiques des dépenses tout au long du quinquennat.

Concrètement, cette politique irresponsable a conduit durant l’épidémie de grippe à demander aux hôpitaux de déprogrammer des opérations considérées comme non urgentes, à faire libérer des lits, parce qu’on en avait fait fermer des milliers précédemment.

"Nos hôpitaux sont asphyxiés par l’austérité pendant que le secteur privé, qui ne prend en charge ni les épidémies ni les malades précaires, continue de prospérer" s’indigne la coordination nationale de défense des hôpitaux publics de proximité.

"La grippe, la canicule agissent comme des révélateurs ; on ne peut plus continuer, de crise en crise, à ne rien faire pour les endiguer" alertent les directeurs/trices de maisons de retraite.

De toute urgence, un moratoire sur les 22 000 suppressions de postes et les 16 000 fermetures de lits programmées au budget de la Sécu pour 2017, s’impose.

"Il est urgent que la loi Santé, les groupements hospitaliers de territoire, la mobilité et la polyvalence des personnels soient abolis" souligne la CGT Santé.

Il est urgent de s’opposer aux projets destructeurs du candidat de droite à la présidentielle. Le dénommé François Fillon se propose de porter un coup mortel à la branche maladie en recentrant l’assurance publique obligatoire sur les affections graves et en laissant les petits soins à l’assurance privée. C’est l’idée même de solidarité nationale qui est liquidée et la porte encore plus ouverte à la privatisation.

Il est donc très urgent d’intervenir pour dégripper notre système de soins.

Au-delà de l’immédiat, c’est une politique rompant avec l’austérité qui doit être mise en œuvre au niveau des hôpitaux publics. Ces derniers collaborant en amont avec une médecine de proximité couvrant tout le territoire et donnant l’alerte en cas d’épidémie.

Garantir à tous les patients les meilleurs soins à l’hôpital passe par :

Ce plan concernant l’hôpital public s’insère dans un cadre plus vaste qui est celui d’une politique de santé publique de haut niveau pour touTEs, avec une prévention développée et couvrant les risque à 100 %. Un plan basé sur le principe adopté par les fondateurs de la Sécurité Sociale, dont Ambroise Croizat fut le Ministre :

"Chacun cotise selon ses revenus et reçoit selon ses besoins."

Une lutte pour un système de santé répondant aux besoins de la population et la lutte pour une autre société sont 2 faces d’un même combat.

Dans la société d’aujourd’hui, l’hôpital public est contraint de fonctionner comme une entreprise, la santé est devenue une marchandise comme une autre, le patient est considéré comme un consommateur de soins.

La financiarisation, la conception commerciale, telle une pieuvre, envahissent progressivement tous les secteurs d’activité : industrie, agriculture, services publics, transports, culture... pour drainer toujours plus de richesses vers la caste des oligarques.

Une politique de santé plaçant l’humain au cœur de ses objectifs a besoin d’un modèle de développement respectueux des hommes et de la planète.

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