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4 mai 2008

Programmes du primaire : principales modifications du projet et premières réactions

Xavier Darcos a dévoilé ce mardi 29 avril 2008 la version révisée du projet de programmes de l’enseignement primaire, présenté le 20 février dernier .

Le ministère indique avoir tenu compte, lors de la réécriture de ce projet, des remarques formulées par les enseignants les parents d’élèves , le Sénat et l’Académie des sciences à l’occasion de différentes consultations. Le texte sera soumis au CSE (Conseil supérieur de l’Éducation) au mois de mai. Il entrera en vigueur à la rentrée 2008. Plusieurs syndicats enseignants dénoncent depuis la première présentation du projet, le 20 février un texte "passéiste" et "mécaniste". 19 organisations avaient appelé le ministre à suspendre le projet de programme . Si l’esprit du texte ne change pas - brièveté, recentrage sur les fondamentaux -, le programme fait l’objet d’une référence "plus claire" au socle commun, que le ministre évoque à plusieurs reprises et à l’organisation des cycles, conformément à la demande des enseignants. Certaines connaissances ont également été reculées dans le temps.

Lors des consultations organisées dans les écoles primaires, les enseignants ont pointé l’absence de visibilité du socle commun, des cycles ou encore le manque de transversalité des programmes. Les enseignants, qui jugent certaines progressions trop rapides ou trop ambitieuses, ont également demandé des précisions sur le statut de la grande section, l’équilibre entre les automatismes et la compréhension dans l’apprentissage, les horaires des disciplines, l’évaluation en CE1 et en CM2 et l’aide aux élèves en difficulté.

Voici un récapitulatif des principales modifications apportées aux programmes du primaire :

GRILLES HORAIRES. Pour le français, les horaires hebdomadaires sont de 10h au CP et CE1 (cycle 2) et 8h au CE2, CM1, CM2 (cycle 3). En mathématique, le volume horaire par semaine est fixé à 5h du CP au CM2 . Pour toutes les autres matières, un horaire annuel est précisé. Pour le CP-CE1, 108 h sont prévues pour l’EPS, 54 h pour la langue vivante, 81 h pour les pratiques artistiques et 81 h pour la découverte du monde et l’instruction civique et morale. En CE2-CM1-CM2, l’horaire d’EPS est de 108 h, de 54h pour la langue vivante, 78h pour les pratiques artistiques et histoire des arts, 78h pour la culture scientifique et technologique et 78h pour l’histoire-géographie-instruction civique et morale. "La déclinaison de cet horaire annuel sera fonction du projet pédagogique des enseignants", précise le ministère.

SOCLE COMMUN. "Les connaissances et compétences de fin de cycle dans toutes les disciplines de l’école élémentaire sont dorénavant inscrites dans le cadre des sept grands domaines de compétences du socle commun", indique le ministère.

SPORT. L’heure d’EPS supplémentaire est désormais proposée aux élèves dans le cadre de l’accompagnement éducatif et non plus dans le cadre scolaire.

CYCLES. Globalement, le nouveau texte fait plus explicitement référence aux cycles dans les intitulés des parties du programme et des progressions ainsi que dans l’énoncé des connaissances et compétences de fin de cycle, explique le ministère. Le programme conseille aussi aux équipes d’organiser la progressivité des apprentissages dans le cadre des cycles.

MATERNELLE. Les principales critiques syndicales portaient sur la "primarisation" de l’école maternelle. Le nouveau texte, qui "respecte la spécificité de l’approche de l’école maternelle", présente séparément les objectifs de la grande section de ceux du CP et du CE1. L’école maternelle a vocation à "préparer" à la maîtrise des apprentissages fondamentaux et non à les "anticiper". La partie consacrée au principe alphabétique a été réécrite pour "éviter toute assimilation à un apprentissage précoce de la lecture". Le statut des progressions est précisé : "il s’agit de fournir des repères pour organiser la progressivité des apprentissages" et non "de fournir des référentiels pour une évaluation normative des élèves à la fin de chaque section". L’importance du "vivre ensemble" a également été confirmée.

FRANÇAIS. Le recentrage du programme de français de cycle 2 et 3 sur l’essentiel est "confirmé" en "harmonisation avec le programme du collège". La lecture, l’étude de textes, l’écriture et la rédaction de textes en constituent les "objectifs centraux". La lecture et la rédaction sont "mieux mises en valeur dans les autres disciplines". Le texte continue de mettre l’accent sur la maîtrise de la grammaire, du vocabulaire et de la conjugaison. Cependant, l’étude de la voix active et de la voix passive, la conjugaison des verbes au passé antérieur ou au subjonctif présent, et l’étude du complément d’agent, inscrites dans le projet au programme du cycle 2 et du cycle 3, sont reportées au collège. La conjugaison des verbes au plus-que-parfait et au futur antérieur de l’indicatif ainsi qu’au conditionnel présent est maintenue au CM2. La distinction entre phrase simple et phrase complexe, ou l’approche de la coordination débute au CE2 plutôt qu’au CE1.

MATHÉMATIQUES. En mathématiques, "des améliorations légitimes ont été apportées" en cycle 2 et cycle 3. Elles ont consisté à réaffirmer l’importance des problèmes, à parfaire la cohérence des progressions annuelles avec les programmes de chacun des cycles, et à "repousser un peu certains apprentissages de techniques qui auraient pu bloquer des élèves". Des modifications ont été apportées. Conformément aux recommandations de l’Académie des sciences, l’importance des problèmes a été réaffirmée. Seule la table de multiplication par 2 reste demandée au CP. Les tables de 3, 4 et 5 seront mémorisées au CE1, "lorsque le sens de la multiplication aura commencé à se construire". La division par 2 et par 5 reste l’objet d’une étude au CE1, mais l’apprentissage de la technique opératoire est reporté au CE2. Seule la division d’un nombre décimal par un nombre entier est maintenant apprise au CM2. La division de deux nombres décimaux est reportée au collège et l’utilisation de l’équerre passe du cours préparatoire au CE1. La règle de trois devient "une modalité de résolution de problèmes parmi d’autres".

SCIENCES. Toujours selon les recommandations de l’Académie des sciences, "l’approche expérimentale et la démarche d’investigation (selon l’esprit de La main à la pâte) sont "confortées". "Le rôle de l’écrit dans la démarche scientifique est rappelé à travers le carnet d’expériences." Le paragraphe sur la biodiversité a également été renforcé.

HISTOIRE-GÉOGRAPHIE. La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen est réintroduite parmi les repères obligatoires au programme d’histoire et la chronologie historique est "systématiquement" abordée à partir du cycle 3. L’étude d’un ou deux États de l’Union européenne a été supprimée du programme de géographie.

HISTOIRE DES ARTS. "Les références dans le domaine de l’histoire des arts ont été simplifiées." Les exemples précis ont été remplacés par des indications sur les types d’œuvres. Le cinéma a également été introduit. Des ressources numériques seront mises à la disposition des enseignants pour les aider à traiter cette nouvelle partie du programme. La dimension "pratique artistique" dans les programmes "Arts visuels et éducation musicale" a été renforcée et l’étude de l’image réintroduite.

Premières réactions :

3 questions à Gilles Moindrot Secrétaire Général du SNUipp

ECOLE PRIMAIRE "Appauvrissement et renoncement"

Concernant la nouvelle version des programmes de l’école primaire, le SNUipp dénonce une vision idéologique et passéiste de l’école primaire. Pouvez-vous être plus explicite ?

  • Lorsque nous parlons d’idéologie, ce n’est pas au sens politique du terme mais au sens du parti pris. On laisse croire qu’on va revenir aux politiques de la morale, de la récitation… pour améliorer l’apprentissage des élèves, alors que ce n’est pas le cas. L’apprentissage ne consiste pas à écouter le professeur, puis à répéter, apprendre par cœur en se disant que les élèves comprendront plus tard. Il faut amener les élèves vers la découverte et leur donner l’envie de le faire. Il faut leur donner le goût de l’apprentissage, de la curiosité et les mener vers la compréhension et la réflexion. C’est exactement le même problème lorsque vous enseigner la musique. Si l’élève ne fait que du solfège et apprend des gammes par cœur, cela ne lui apporte rien et n’a aucun intérêt. Il faut qu’il puisse jouer de cet instrument rapidement. Sinon, c’est fade et cela devient frustrant et inintéressant.

Que pensez-vous du renforcement des horaires de français et mathématiques au détriment de matières comme l’histoire-géographie ou les sciences ? N’est-ce pas réduire les connaissances des élèves ?

  • C’est le risque. Il faut faire attention. De plus, le ministre n’augmente pas les horaires de français et de mathématiques. Il les maintient en l’état. D’un autre côté, il souhaite rajouter une heure de sport sans toucher aux horaires. Comment cela sera-t-il possible ? Xavier Darcos veut maintenir tous les objectifs de l’école. Cela ne peut qu’alourdir le programme. Tout ceci va aboutir à un programme plus lourd pour des horaires moindres. On va se retrouver avec un travail superficiel et des élèves en difficulté qui ne pourront pas suivre et prendre le temps de revenir sur les points qu’ils n’auront pas compris. Et ce sera tant pis pour eux. Ce n’est pas admissible.

La progression par "niveaux" semble être appréciée par les professeurs des écoles. Qu’est-ce que cela signifie ? Et y a-t-il d’autres points de la réforme pour lesquels vous avis un avis positif ?

  • Cela consiste à indiquer, dans le courant de l’année, l’évolution du programme pour une classe donnée qui aura vu telle ou telle chose et à préciser l’évolution dans l’apprentissage. Et nous sommes d’accord sur ce point. Et c’est bien le seul sur lequel nous donnons notre accord. Dans le fond, la philosophie du texte du ministre reste la même. Cela équivaut à l’appauvrissement et au renoncement. C’est pourquoi, le 15 mai prochain, nous appelons à la mobilisation afin que le ministre revienne sur cette réforme. Nous en appelons à sa sagesse. Il serait bon qu’il évolue dans sa décision.

Patrick Picard, instituteur , membre du Café pédagogique et militant du SNUipp, commente les annonces ministérielles.

Les écoles primaires, les institut de formation des maîtres (IUFM) et autres inspecteurs de l’Education nationale ont répondu en mars à des questionnaires du ministère sur les nouveaux programmes. Objectif : faire remonter les remarques et les critiques. Les consultations forment 1.100 synthèses qui sont publiées aujourd’hui, en même temps que la version finale des programmes. C’est-à-dire que les modifications proposées par les enseignants seront déjà actées.

De son côté, le Café pédagogique, qui regroupe un réseau d’enseignants et de chercheurs, a travaillé sur un échantillon d’une cinquantaine de synthèses. Patrick Picard, instituteur, est chargé du primaire au sein de l’association.

Que retirez-vous de vos observations ?

Peu de professionnels se disent satisfaits. Il y a en gros deux types de critiques. La première porte sur « l’esprit » du programme, qui met en valeur l’apprentissage par coeur et ce qu’on appelle la « conception mécanique des apprentissages ». Pour beaucoup d’enseignants, cela n’est pas compatible avec l’image qu’ils se font de leur métier. Attention ! Cela ne veut pas dire qu’il ne faut plus de par coeur ! En tant qu’enseignant, on sait bien que c’est nécessaire. Mais les programmes de 2002 étaient plus équilibrés. Il y avait de l’entraînement, mais aussi des démarches de problèmes.

Et l’autre critique principale ?

Elle vient de certains instituteurs qui disent tout simplement que ces programmes sont infaisables. En CE1, il faudrait avoir acquis certaines compétences de fin de primaire.

Pourtant le ministre de l’Education, Xavier Darcos, a déclaré qu’il pouvait se prévaloir d’une appréciation « globalement positive » du terrain, au vu de ses synthèses... Oui, mais les questionnaires étaient formulés de telle manière qu’ils laissaient peu de place à l’expression. Il y avait par exemple des questions comme : « Les programmes sont-ils clairs ? » La plupart des professeurs des écoles ont répondu oui, mais ce n’est pas pour cela qu’ils sont biens.

Devinez-vous une vraie fronde de la part de la communauté éducative ?

Nous verrons lors de la manifestation du 15 mai, mais le ras-le-bol a dépassé le bord du vase. D’ailleurs, certains chercheurs, comme Michel Fayol et Jean-Emile Gombert, spécialistes de la lecture et du développement cognitif, ont pris position et leur présence est un événement. Ce sont des personnes qui hésitent avant de signer une pétition. Cela peut paraître pertinent auprès de l’opinion publique de revenir aux fondamentaux, au B-A BA, mais beaucoup de chercheurs pointent que ces programmes demandent des choses aux élèves trop tôt. Il y a un vrai risque : celui de fragiliser les élèves déjà en difficulté et de les éloigner encore plus de l’école.

La FCPE réagit

Pour Faride Hamana, président de la FCPE, principale fédération de parents d’élèves, ces programmes sont inspirés par « une philosophie libérale, réactionnaire ». « Ce ne sont pas les praticiens qui les ont écrits mais des gens qui ont une vision idéologique de l’école. »

Alerte sur les programmes du primaire

Les propos du ministre sur les nouveaux programmes du primaire ont tout pour séduire l’opinion :

  • allègement des horaires,
  • concentration des apprentissages sur les fondamentaux (français et maths), ajout d’une heure de sport par semaine et renforcement de l’instruction civique. Ces nouveaux programmes sont censés élever le niveau de performances de nos enfants et réduire le taux d’échec par 3. Or, leur dangerosité se révèle après un examen des contenus et des méthodes qui sont induites. Concernant ces fameux fondamentaux, l’illusion domine. En réalité, à part les horaires, rien n’a été allégé et le niveau d’exigences s’est accru : les connaissances visées en fin de cycle 3 (CM2) sont sensiblement identiques à celles attendues en fin de classe de 5ème. Ainsi, en français la maîtrise du futur antérieur et du plus que parfait est exigée. Or, nous en connaissons la complexité d’acquisition mais aussi d’usage au quotidien. En revanche, la production d’écrits se réduit à la rédaction et délaisse les autres formes de récits. Pour les mathématiques, l’apprentissage des opérations comme la multiplication et la division abordée dès le CE1, les tables de multiplication par 2 et par 5 au CP... En bref, ces nouveaux programmes font fi de l’expérience des chercheurs et des professionnels qui estiment que ces notions demandent une grande maturité et une capacité d’abstraction pour être acquises. Au final, il y aura davantage d’enfants en difficulté car ils auront ingurgité le plus souvent par des exercices répétitifs et mécaniques, des connaissances dont le sens leur échappera. Il y aura des enfants mis sous pression par des méthodes pédagogiques d’un autre temps. C’est l’inverse des objectifs annoncés. La FPCE a dénoncé cette approche réactionnaire et autoritaire des programmes qui se traduit notamment dans le choix d’une morale rétrograde et inquiétante. Quant à la démarche, on ne peut que la réprouver. Après l’annonce de la suppression des heures de classes et la refonte des programmes, c’est dans le plus grand secret que le ministère élabore et impose sa copie. La concertation avec les enseignants et le grand public va tourner à la mascarade médiatique comme d’habitude. Autre remarque : pas de grille horaire proposée alors que l’on réduit de 2 heures l’enseignement hebdomadaire. C’est l’organisation du zapping, un appauvrissement intellectuel mais surtout ces programmes préfigurent une école fondamentalement ennuyeuse. En fait, c’est du “gavage” : l’enfant est conçu comme un être spongieux à qui il suffirait d’écouter et d’apprendre par coeur pour acquérir des connaissances et en maîtriser le sens. Voilà pourquoi ces programmes sont dangereux et à remanier en profondeur. En l’état, il faut les combattre dans l’intérêt des enfants !

Faride Hamana Président

Enfin Darcos écoute... après sa calamiteuse émission sur Canal + ...

Si les « fondamentaux » ont la part belle, passé antérieur et règle de trois ne seront finalement pas enseignés dès l’école. Réforme du primaire : "sans doute l’une des plus grandes fautes intellectuelles perpétrée contre l’école de la République", accuse Lang

L’ancien ministre socialiste de l’Education Jack Lang a estimé mardi que le plan de réforme des programmes du primaire était "sans doute l’une des plus grandes fautes intellectuelles perpétrée contre l’école de la République".

"Par une méthode expéditive", le ministre de l’Education Xavier Darcos "a brutalement cassé les programmes de 2002 qu’il avait pourtant, en son temps, encensés avec enthousiasme, leur décernant les qualificatifs d’exigeants et d’ambitieux", dénonce M. Lang pour qui "placer ce plan sous le signe du retour à l’essentiel est une forme d’imposture". Citant l’enseignement du français, il juge que les directives données aux maîtres "seront à la fois vagues et imprécises, à l’exception des règles de grammaire qui figurent déjà dans les anciens programmes". De plus, "la réduction de trois heures des horaires reléguera au second plan les matières qui peuvent apporter aux enfants la culture, l’ouverture au monde, le sens de la langue", estime-t-il en prédisant que les sciences expérimentales, l’histoire, l’instruction civique et la pratique des arts "seront pénalisées".

Cette réforme, qui "se traduira par une régression (...), mettra en cause la double ambition de notre école : l’excellence et l’égalité des chances", conclut Jack Lang.

Rendez-vous le 15 mai dans la rue !

 

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