www.snuipp.fr

SNUipp-FSU Tarn 81

Vous êtes actuellement : ActualitĂ©s 

fontsizeup fontsizedown {id_article} impression s'abonner  ŕ la rubrique {}
25 mars 2020

Compte rendu de la réunion du SNUipp-FSU avec le ministre sur les conséquences de la crise du coronavirus à l’école

Le MEN a organisé, à notre demande, une visioconférence pour échanger sur les conséquences de la crise du coronavirus à l’école dans le cadre d’une bilatérale.

Voici le compte-rendu de nos collègues du SNUipp-FSU :

Dans son propos liminaire, le ministre a prĂ©sentĂ© sa vision, assez Ă©tonnante au vu de ses propos publics, de la situation exceptionnelle dans laquelle nous nous trouvons : remerciements aux enseignants, forme d’éloge des services publics et notamment l’éducation nationale… Il en appelle au nĂ©cessaire esprit d’unitĂ© nationale pour justifier son message : la France serait un des pays qui rĂ©ussit le mieux la continuitĂ© Ă©ducative, il est important que chaque prof soit en lien avec son Ă©quipe et son IEN, la protection des personnels serait son premier souci. Il a Ă©galement annoncĂ© une enquĂŞte sur la santĂ© des personnels.

Nous sommes intervenus sur trois points : la continuitĂ© pĂ©dagogique, le confinement et les opĂ©rations administratives.

1. Continuité pédagogique

Nous avons rappelĂ© qu’on ne peut parler de continuitĂ© pĂ©dagogique car il ne peut y avoir poursuite du programme ou acquisition de notions nouvelles. Il faut proposer une activitĂ© scolaire qui consolide et qui permet de rester dans son mĂ©tier d’Ă©lève. Les parents ne sont pas des pĂ©dagogues, ne sont pas vraiment disponibles car en tĂ©lĂ©travail, sans parler de l’inĂ©galitĂ© devant l’équipement et les conditions matĂ©rielles d’apprentissage. L’essentiel est de ne pas creuser les inĂ©galitĂ©s, d’éviter de culpabiliser les familles et d’angoisser les enfants. Pour nous, l’école s’est arrĂŞtĂ©e le 13 mars, elle reprendra lĂ  oĂą elle s’est arrĂŞtĂ©e. Nous avons exprimĂ© notre insatisfaction Ă  propos des premiers programmes tĂ©lĂ© que nous avons pu visionner.

Pour lui, la continuitĂ© pĂ©dagogique qui est un temps de consolidation ne s’oppose pas Ă  l’avancĂ©e dans les programmes. Il nous parle d’incitation Ă  la lecture et veut faire parvenir des livres aux familles qui n’en disposent pas. Concernant la « classe Ă  la maison », selon lui, «  les imperfections ne doivent pas empĂŞcher de voir les vertus ». Il confirme qu’il envisage des modules de soutien scolaires gratuits durant la dernière semaine d’aoĂ»t avant l’entrĂ©e en 6ème mais Ă©galement pour tout le monde, tout est possible, mĂŞme mettre Ă  profit les colonies de vacances. Enfin, le ministre envisage de prendre en compte les surcoĂ»ts des personnels de forfait tĂ©lĂ©phonique et de mettre Ă  disposition des enseignants un deuxième numĂ©ro vert pour ceux et celles accueillant les enfants des personnels soignants.

2.Confinement et déplacements

Dans la continuité de ce que nous avons pu écrire au premier ministre avec les autres SN de la FSU ou directement à Blanquer avec l’ensemble des OS de l’éduc, nous avons insisté sur le fait que les consignes gouvernementales demandent expressément de rester confinés et de télé-travailler. Aucun personnel, aucune famille ne peut être sommée de déroger au confinement, sauf absolue nécessité comme les personnels qui assurent dans les écoles l’accueil des enfants de soignants. On ne peut enjoindre les collègues de travailler dans les écoles ni même d’inciter au déplacement en invitant les équipes à apposer des informations sur les panneaux d’affichage des écoles. Nous avons rappelé l’absolue nécessité de protéger les personnels avec savon, gel, masques… Nous avons réitéré des questions posées à l’occasion du CHSCTMEN à savoir celle de la gestion des vacances scolaires, le nombre de regroupements par école, la conduite à avoir si un seul élève se présente, l’illusoire distanciation en maternelle, l’extension des possibilités d’accueil à d’autres personnels que les soignants… D’autre part, les directeurs et directrices n’ont pas à fournir des attestations de déplacement dérogatoire, car pour nous c’est contraire à toutes les consignes en usage. Nous avons terminé ce point en rappelant qu’il était indispensable de faire confiance aux équipes car les enseignants sont très engagés dans le lien avec l’activité scolaire et ont pris en compte la difficulté des élèves n’ayant pas d’outils numériques et ont trouvé un mode d’organisation.

Le ministre ne voit pas de contradiction entre son discours et celui du gouvernement. Sur les masques rĂ©servĂ©s aux soignants, il n’exclut pas d’en livrer, s’il n’y a plus de pĂ©nurie... S’il n’y avait pas de savon dans un Ă©tablissement accueillant des enfants de soignants, ce serait pour lui une cause de fermeture. Il envisage de demander Ă  l’état de se substituer aux collectivitĂ©s si nĂ©cessaire. Il se dit prĂŞt Ă  regarder dans le dĂ©tail le nombre d’enfants accueillis par site et entend notre demande de cadrage national, c’est ce qu’il a dĂ©jĂ  voulu faire avec la lettre aux recteurs. Concernant les vacances d’étĂ©, le ministre confirme qu’il n’y a aucun projet de raccourcissement ; les vacances de printemps seraient de « de vraies fausses vacances, studieuses, avec une dimension Ă©ducative et rĂ©crĂ©ative”. Le ministère dit s’organiser avec les associations et les rĂ©gions pour Ă©quiper en outils numĂ©riques les familles.

3.Préparation de la rentrée, carrières, opérations administratives…

Dans la perspective de prĂ©paration de la rentrĂ©e, nous avons portĂ© notre demande de moratoire des opĂ©rations de carte scolaire pour se laisser les possibilitĂ©s d’un dĂ©bat serein sur les mesures Ă  prendre. Il faut donc diffĂ©rer et ne pas imposer des visio-confĂ©rences ou autres consultations par mail dans une prĂ©cipitation dĂ©calĂ©e de la rĂ©alitĂ© et des urgences du moment. Par ailleurs, nous avons expressĂ©ment demandĂ© une dotation supplĂ©mentaire pour la carte scolaire afin d’assurer une rentrĂ©e plus sereine et lutter contre les inĂ©galitĂ©s scolaires qui se seront renforcĂ©es. Ce n’est pas le moment non plus, en termes de mouvement, de tout changer et d’Ă©carter l’expertise des reprĂ©sentants du personnel qui doivent ĂŞtre associĂ©s Ă  cette opĂ©ration comme l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente ; il faut suspendre les LDG. Nous demandons Ă  ce que le ministère rĂ©flĂ©chisse Ă  une solution permettant de tenir les concours enseignants mĂŞme si le confinement dure longtemps. Il est hors de question de les remplacer par des contractuels Ă  la rentrĂ©e. A propos des dĂ©roulements de carrière des personnels, nous avons soulignĂ© que personne ne devait ĂŞtre pĂ©nalisĂ©e suite au confinement (RDV de carrière non rĂ©alisĂ©, report des opĂ©rations de promotion : avancement accĂ©lĂ©rĂ© d’échelon, HC, classe ex…) comme la titularisation des PES oĂą, dans un premier temps, il s’agit de proscrire le florilège de solutions locales pour valider les UE. Nous avons enfin rĂ©clamĂ© le report des opĂ©rations d’orientation via affelnet, qui, maintenues, lĂ©seraient les familles les plus Ă©loignĂ©es de l’école, et de toutes opĂ©rations administratives inutiles.

Le ministère rĂ©pond que, concernant les Ă©preuves d’admission au CRPE, la DGRH travaille de nouvelles modalitĂ©s pour le mois de juin. Les rdv de carrières seront reportĂ©s pour certains afin de “dĂ©contracter” le calendrier. L’assurance nous est donnĂ©e que personne ne sera lĂ©sĂ©e. Pour le mouvement intra, on nous indique qu’un outil interfacĂ© avec les bases dĂ©partementales est testĂ© actuellement et que lĂ  aussi on va dĂ©contracter au maximum le calendrier. Une rĂ©union est prĂ©vue avec tous les DRH acadĂ©miques avant d’organiser des bilatĂ©rales avec les OS. Sur la carte scolaire, le DGESCO a maintenu la nĂ©cessitĂ© de tenir les instances sans s’appuyer sur un propos argumentĂ©. Pour finir, le Ministre nous indique qu’il faut continuer Ă  parler de revalorisation des enseignants et qu’il « ne variait pas d’un iota sur les objectifs affichĂ©s malgrĂ© crise Ă©conomique importante qui s’annonce  ». Sur ce sujet, nous avons rĂ©clamĂ© la prime d’équipement qui aujourd’hui, prend tout son sens.

En conclusion, c’est un curieux dialogue qui s’est installé avec un Ministre qui adopte son discours en fonction de ses interlocuteurs. Il y a une distance entre ce que peut dire le Ministre dans ce type de réunion et son discours public (plateaux télés, vidéos aux inspecteurs, chefs d’établissements et directeurs-trices d’école.....). Un discours qui ne prend pas en compte la réalité de l’école et de la crise sanitaire et le vécu des collègues et des familles. Nous le lui avons rappelé.

JPEG - 94.6 ko

 

17 visiteurs en ce moment

*Top

SNUipp du Tarn 201 rue Jarlard, 81000 Albi

tĂ©l : 05 63 38 44 34 @ : snu81@snuipp.fr


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU Tarn 81, tous droits réservés.