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25 mars 2020

Assez des injonctions irresponsables : RESTONS CHEZ NOUS !

En dehors de l’accueil des enfants de soignant-e-s, ne vous rendez pas sur vos Ă©coles, ne tenez pas de permanence, ne suivez pas les injonctions de la hiĂ©rarchie, et RESTEZ CHEZ VOUS

Ces derniers jours ont été difficiles pour notre pays, pour nous et nos proches, pour nos élèves et leur famille.

Nous devons faire face Ă  l’urgence, Ă  l’essentiel, Ă  ce qui doit ĂŞtre la prioritĂ© en cette pĂ©riode de risque pandĂ©mique : assurer les conditions les meilleures pour limiter la transmission de la maladie et aider les personnels soignants Ă  aller travailler pour assurer la continuitĂ© des soins des personnes dĂ©veloppant des complications.

A ce titre, nous avons su nous mobiliser et nous organiser, sur la base du volontariat, en coordination avec les collectivités locales pour assurer cet accueil. Pour protéger ces enfants et nous protéger nous aussi il est nécessaire de dépasser les seuls gestes barrières. Il est impossible de vivre une journée de classe avec des élèves sans s’en approcher à moins d’un mètre. Tous les personnels travaillant pour cet accueil ont besoin de protections individuelles.

Hormis cet accueil, nous devons considĂ©rer notre activitĂ© professionnelle sous l’angle de la prioritĂ© première : limiter la transmission de ce virus. Il nous faut pour cela supprimer les interactions qui ne seraient pas liĂ©es Ă  des motifs impĂ©rieux. Le ministre de la SantĂ©, le Premier Ministre, le PrĂ©sident de la RĂ©publique, le directeur de la SantĂ© Publique, la presse et les rĂ©seaux sociaux et surtout les Ă©quipes mĂ©dicales engagĂ©es dans les soins relaient de nombreux appels Ă  rester chez soi.

A contre-courant de toutes ces injonctions, Le ministre de l’Éducation nationale dĂ©clarait vendredi dernier sur BFMTV que venir Ă  l’école chercher des photocopies est un motif familial impĂ©rieux. Dans notre hiĂ©rarchie locale, les demandes pour se dĂ©placer, venir Ă  l’école, faire venir les parents concernĂ©s sont de plus en plus pressantes (Affelnet notamment). Pour rappel la loi dit : « Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiĂ©rarchie, est responsable de l’exĂ©cution des tâches qui lui sont confiĂ©es. Il doit se conformer aux instructions de son supĂ©rieur hiĂ©rarchique, sauf dans le cas oĂą l’ordre donnĂ© est manifestement illĂ©gal et de nature Ă  compromettre gravement un intĂ©rĂŞt public. » (Article 28 de la loi 83-634.). ObĂ©ir Ă  ces injonctions reviendrait Ă  compromettre gravement l’intĂ©rĂŞt public, pour autant nous n’appelons pas Ă  dĂ©sobĂ©ir au ministre, mais Ă  respecter la loi dans l’intĂ©rĂŞt public. Nous avons affaire Ă  une pandĂ©mie, nous devons prendre les dĂ©cisions qui s’imposent.

Comment nous sentirions-nous si nous apprenions dans quelques jours que pour assurer une continuitĂ© qui n’a de pĂ©dagogique que le nom (nous ne sommes pas en capacitĂ© de faire apprendre quoi que ce soit en ce moment, au niveau pĂ©dagogique autant que technologique), nous avons favorisĂ© la circulation du virus, entraĂ®nant d’éventuelles complications graves voire mortelles ? C’est tout notre paradigme que nous devons revoir, nous sommes des citoyen-ne-s avant d’être des enseignant-e-s, et par civisme, quels que soient les ordres irresponsables du ministre de l’Éducation Nationale et de toute la chaĂ®ne hiĂ©rarchique, nous devons rester chez nous et ne pas inciter les familles de nos Ă©lèves (les plus fragiles d’entre-elles au niveau socio-Ă©conomiques sont celles qui ne sont pas Ă©quipĂ©es) Ă  enfreindre les règles impĂ©ratives de confinement.

Nous avons conscience que ce refus d’accomplir ces gestes va creuser un Ă©cart qui n’avait pas besoin de l’être entre nos Ă©lèves. Ce sera notre rĂ´le lorsque nous pourrons reprendre le chemin de notre Ă©cole (avec le moins de morts possible, nous l’espĂ©rons) de prendre en compte cette disparitĂ© et d’y rĂ©pondre en faisant le nĂ©cessaire dans nos classes. Le ministre feint de dĂ©couvrir ces inĂ©galitĂ©s, or depuis deux ans, sa politique s’Ă©vertue Ă  les amplifier : les RASED ne sont pas rĂ©tablis dans des conditions qui permettent leur action efficace, la carte scolaire et la chute des postes aux concours signent son inaction en la matière.

Il a beau jeu de nous demander de compenser les inĂ©galitĂ©s scolaires, alors que de son cĂ´tĂ© il met en Ĺ“uvre une politique qui les aggrave. Il a Ă©galement beau jeu de nous seriner avec la continuitĂ© pĂ©dagogique alors que nombres d’enseignant.es absent.es ne sont pas remplacĂ©.es, parfois sur de longues pĂ©riodes, suite aux suppressions de postes de remplacement.

OUI au confinement

OUI à l’accueil dans de bonnes conditions sanitaires des enfants de personnels soignants

OUI à la continuité scolaire et à l’accompagnement de nos élèves dans la limite des règles de confinement

NON Ă  la mise en danger des personnels et de nos concitoyen.nes.

C’est pourquoi le SNUipp-FSU 81 appelle les enseignant-e-s à respecter strictement les lois et consignes de protection de la société face aux dangers sanitaires actuels.

Notre consigne syndicale est claire : n’y allez pas, ne tenez pas de permanence, ne suivez pas les injonctions des IEN, et RESTEZ CHEZ VOUS (sauf accueil des enfants de soignant-e-s) !

A la fin de cette terrible crise, il sera temps de demander des comptes Ă  ce ministre pour tous ses agissements.

Merci de nous faire remonter toute pression exercée

Bon courage Ă  toutes et tous.

 

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