www.snuipp.fr

SNUipp-FSU Tarn 81

Vous êtes actuellement : ActualitĂ©s  / Actions-luttes 

fontsizeup fontsizedown {id_article} impression s'abonner  ŕ la rubrique {}
2 juillet 2019

Loi Blanquer : fin de partie ?

Les 2 et 4 juillet, le Parlement doit procĂ©der au vote dĂ©finitif de la loi Blanquer. Un texte qui a Ă©voluĂ© tout au long de son examen sous la pression des mobilisations de la communautĂ© Ă©ducative. Qu’en est-il aujourd’hui ?

A n’en pas douter, les mobilisations multiformes et inscrites dans la durĂ©e des enseignantes et des enseignants des Ă©coles, mais aussi des parents d’élèves et de nombreuses municipalitĂ©s ont pesĂ© sur les dĂ©bats parlementaires autour de la loi dite de « l’école de la confiance ».

La suppression des EPLESF, celle de la mise en place d’une forme d’autorité hiérarchique des directeurs et directrices sur leurs collègues, celle de la suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme sont autant d’évolutions à mettre au crédit de ces mobilisations. Pour autant, d’autres dispositions néfastes restent inscrites dans cette loi qui fera l’objet d’un vote solennel les 2 et 4 juillet à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Ce qui a été sorti de la loi

Exit les EPLESF

C’est le sujet qui avait cristallisĂ© les mĂ©contentements : les Établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux (EPLESF) ne verront pas le jour, leur crĂ©ation ayant Ă©tĂ© dĂ©finitivement supprimĂ©e de la loi Ă  l’issue des dĂ©bats parlementaires.

Discriminations

Exit aussi, la suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme ou encore l’interdiction faite aux mamans voilées d’accompagner les sorties scolaires. Deux mesures que le Sénat avait tenté d’introduire et qui ont été finalement biffées lors de la commission mixte parlementaire (CMP), en charge d’harmoniser le texte voté par l’Assemblée nationale et celui sorti du Palais du Luxembourg.

Hiérarchie

Supprimé également, l’article 6 ter ajouté par le Sénat et qui prévoyait que les PE soient sous l’autorité de la directrice ou du directeur d’école qui participerait à leur évaluation.

Ce qui est maintenu

Liberté d’expression

L’article 1 de la loi Ă©voquant «  l’exemplaritĂ© » des enseignants est maintenu. C’est la libertĂ© d’expression des personnels qui se voit ainsi mise en cause, avec la mise en place d’une forme d’obligation de rĂ©serve.

Maternelle Ă  3 ans

L’instruction obligatoire dès trois ans : c’était l’objet originel de cette loi. Une disposition de peu de portĂ©e concrète sur la scolarisation des jeunes enfants, 98% d’entre eux Ă©tant dĂ©jĂ  scolarisĂ©s Ă  cet âge. Et Ă  Mayotte comme en Guyane, les seuls dĂ©partements oĂą elle aurait pu avoir un sens, elle est reportĂ©e aux calendes grecques. En revanche, il reste prĂ©vu que les collectivitĂ©s locales participent au financement des Ă©coles maternelles privĂ©es, Ă  hauteur de 150 millions d’euros et sans contrepartie, notamment en termes d’exigence de mixitĂ© sociale.

Une Ă©cole Ă  deux vitesses

Est maintenue aussi, la crĂ©ation des Établissements publics locaux d’enseignement international (EPLEI). Ces structures regroupant Ă©cole, collège et lycĂ©e auront un recrutement d’élèves sur profil socialement et culturellement discriminant : la bonne maĂ®trise d’une langue Ă©trangère. Une petite partie des Ă©lèves pourra Ă©chapper Ă  ce recrutement sur profil, mais se voit officialisĂ© la mise en place d’un système Ă©ducatif public Ă  deux vitesses.

Évaluation encadrée

Un Conseil d’évaluation de l’école est créé en lieu et place du Cnesco, organisme indépendant dont la qualité du travail faisait pourtant référence dans la communauté éducative. Si la composition de ce nouveau Conseil d’évaluation a légèrement évolué au cours du débat parlementaire, il restera bien sous la tutelle étroite de la rue de Grenelle et ne devrait pas contester outre mesure la politique éducative du ministre.

Formation

Les EspĂ© se transforment quant Ă  eux en Instituts nationaux supĂ©rieurs du professorat et de l’éducation (InspĂ©). Des instituts dont les programmes de formation des personnels seront Ă©laborĂ©s par les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supĂ©rieur avec en ligne de mire une nouvelle rĂ©forme de la formation initiale dont on ignore Ă  ce jour les contours. Seule certitude, les assistantes et assistants d’éducation dans ces InspĂ© se verront bien «  confier progressivement des fonctions de soutien d’accompagnement, d’éducation et d’enseignement ».

Pour le SNUipp-FSU

Nombre de ces dispositions lĂ©gislatives « vont Ă  l’encontre d’un service public d’éducation garant de la lutte contre les inĂ©galitĂ©s et acteur de la dĂ©mocratisation de la rĂ©ussite scolaire. », prĂ©venait le SNUipp-FSU Ă  l’issue des dĂ©bats parlementaires. Et mĂŞme adoptĂ©e, cette loi « n’en reste pas moins rejetĂ©e massivement par les enseignantes et les enseignants des Ă©coles ».

Pour le syndicat, réclamer avec les personnels un autre projet pour l’école, qui réponde à ses véritables besoins et à ses enjeux d’avenir reste donc à l’ordre du jour.

 

19 visiteurs en ce moment

*Top

SNUipp du Tarn 201 rue Jarlard, 81000 Albi

tĂ©l : 05 63 38 44 34 @ : snu81@snuipp.fr


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU Tarn 81, tous droits réservés.