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6 novembre 2018

12 novembre : Ă©coles en grève ! Manifestation Ă  Albi, 14h30, Place du Vigan Ă  l’appel de la FSU, CGT, SUD, UNSA et SGEN

Guide des "bonnes pratiques", rĂ©vision des programmes, mise en place de tests neuro-Ă©clairĂ©s en CP et CE1, nouvelle loi ... DĂ©cidĂ©ment le ministre ne mĂ©nage pas sa peine pour dĂ©possĂ©der les enseignants de leur professionnalitĂ© sans rĂ©pondre aux enjeux de lutte contre les inĂ©galitĂ©s scolaires. AjoutĂ© Ă  cela un budget en berne avec un nombre de postes insuffisants et vous avez tous les ingrĂ©dients de la colère qui monte et qui pourra s’exprimer par la grève et dans les manifestations le 12 novembre prochain Ă  l’appel des fĂ©dĂ©rations syndicales de l’Ă©ducation.

« Il faut rompre avec ces vieilles habitudes qui consistent Ă  dĂ©faire ce que les prĂ©cĂ©dents ont mis en place » avait-il dit. Et pourtant le ministre installĂ© depuis 18 mois rue de grenelle n’a eu de cesse de dĂ©faire Ă  grand coup d’annonces mĂ©diatiques ce qui avait Ă©tĂ© mis en place et de mener seul son projet Ă©ducatif, Ă©tayĂ© par aucun bilan ni par aucune recherche.

TOUTES et TOUS en grève

A l’appel unitaire de la FSU, CGT, SUD, UNSA et SGEN

Manifestation Ă  Albi, 14h30, Place du Vigan

En 18 mois, l’Ă©cole a le tournis

Après avoir installĂ© au ministère un conseil (neuro) scientifique censĂ© Ă©clairer la politique ministĂ©rielle, le ministre des « non-rĂ©formes » a fait Ă©diter un petit guide orange des « bonnes » pratiques en lecture, puis a publiĂ© des notes de services sur l’enseignement des fondamentaux avant de rĂ©viser les programmes des cycles 2, 3 et 4 qui venaient Ă  peine de connaĂ®tre leur deuxième annĂ©e de mise en place. Pour y parvenir la plupart des membres du Conseil supĂ©rieur des programmes, pourtant indĂ©pendant, ont Ă©tĂ© conduits Ă  la dĂ©mission tant le dialogue avec le ministère Ă©tait devenu impossible. La rentrĂ©e 2018 avec l’arrivĂ©e des nouvelles Ă©valuations CP et CE1 est comme un point d’orgue de cette politique qui nie la professionnalitĂ© des professeurs des Ă©coles en leur donnant des tests prĂ©-mâchĂ©s Ă  faire passer aux Ă©lèves sans mĂŞme les inclure dans la correction et la comprĂ©hension des erreurs observĂ©es ni dans la construction de rĂ©ponses pour y remĂ©dier. Les tĂ©moignages recueillis par le SNUipp-FSU sur les conditions de passation et de saisie sont Ă©difiants.

Exécution

Ainsi, le ministère dĂ©cline sa volontĂ© de transformer les professeurs des Ă©coles en simples exĂ©cutants de guides de bonnes pratiques ou de tests censĂ©s leur donner le chemin Ă  suivre. C’est insupportable et remet en cause Ă  la fois la professionnalitĂ© mais Ă©galement l’engagement des personnels auprès de leurs Ă©lèves. DĂ©cidĂ©ment il ne suffit pas d’afficher la devise d’une « Ă©cole de la confiance » sur toutes les plaquettes ministĂ©rielles pour que celle-ci soit effective. C’est plutĂ´t aujourd’hui par la dĂ©fiance que les enseignants et les Ă©quipes se sentent pris en considĂ©ration.

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Un nouveau projet de loi

Et comme si cela ne suffisait pas, un nouveau projet de loi était présenté au CSE le 15 octobre dernier. Au-delà de l’obligation d’instruction à trois ans, qui va contraindre au passage les communes à accroitre leur financement de l’école privée, il contient tous les ingrédients d’une sérieuse reprise en main autoritaire puisqu’il institue l’expérimentation au rang de règle et supprime l’instance indépendante que constituait le conseil national de l’évaluation scolaire (CNESCO) qui faisait pourtant l’unanimité pour la rigueur et la qualité de ses travaux. Ainsi, le ministre pourtant féru d’évaluations, supprime-t-il l’instance indépendante qui permettait d’évaluer sa propre politique éducative. Ce même projet de loi introduit également la nomination par le ministère des directeurs des Espé et prépare une réforme de la formation initiale qui fera des étudiants des moyens d’enseignement à bas prix et ne permettra pas d’entamer la construction d’une professionnalité enseignante.

Un budget en berne

Ajouté à tout cela, un budget et des postes en nombre insuffisants, il y a de quoi donner les clés de compréhension de la colère des enseignants et des écoles qui s’exprimera par la grève et dans les manifestations le 12 novembre prochain. En effet l’affichage d’une pseudo priorité au primaire traduite par l’annonce d’une dotation de 2 325 postes dans le premier degré est surtout médiatique. La réalité est tout autre. Cette dotation est bien insuffisante pour couvrir les mesures de dédoublement des CP et CE1 en REP et REP+ ainsi que l’abaissement à trois ans de la scolarité obligatoire. Le SNUipp-FSU a chiffré à 4 000 le nombre de postes nécessaires pour terminer le dédoublement, auxquels il faut en ajouter 1000 (selon le ministère) pour assurer la scolarisation devenue obligatoire des trois ans. Trois chiffres qui rendent l’équation défavorable pour les cartes scolaires à venir au mois de janvier prochain. Les grands perdants des fermetures de postes risquent une fois de plus de se trouver dans les départements ruraux ou pour les équipes qui bénéficient encore de l’apport qualitatif du dispositif Plus de maître que de classes.

Un budget et une politique Ă©ducative qui ne rĂ©pondent pas aux vraies questions posĂ©es Ă  l’école aujourd’hui pour s’attaquer aux inĂ©galitĂ©s scolaires et permettre la dĂ©mocratisation de la rĂ©ussite de tous. Un projet de loi qui n’y rĂ©pond pas davantage. Des conditions d’enseignement et d’apprentissage qui se dĂ©gradent. Les raisons de se mobiliser le 12 novembre prochain ne manquent pas.

 

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