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30 septembre 2016

ÉGALITÉ FILLES-GARÇONS : Mobilisons-nous contre le retour des réactionnaires !

Certaines écoles du Tarn ont reçu un livret sur le genre dans la société et dans l’école. L’Education nationale et l’école de la République y sont visées, mais aussi le SNUipp-FSU avec ses combats contre les discriminations.

L’envoi du livret dans les écoles

Après leur victoire sur les ABCD de l’égalité, les groupes proches de la Manif pour tous poursuivent leur combat. Certaines écoles ont reçu un livret sur le genre dans la société et à l’école. Ce collectif de parents propose aux parents et aux enseignants de s’engager contre la soi-disant théorie du genre.

Sont dénoncés pêle-mêle dans un livret de 52 pages, (nos écoles auraient tant besoin de cet argent dépensé vainement) :

  • le mariage homosexuel qui amènera inévitablement la "GPA (Gestation pour autrui) pour tous" qui mènera ensuite au " Bébé zéro défaut (Choix des caractéristiques sur catalogue,tri préimplantatoire)" ;
  • les "interventions d’associations militantes LGBT et féministes radicales" dans l’Education nationale ;
  • les ABCD de l’égalité dans les écoles primaires ;
  • les fêtes des pères et des mères supprimées dans les écoles ;
  • le film Tomboy ;
  • le SNUipp-FSU et sa brochure Eduquer contre l’homophobie, ou des associations de parents d’élèves comme la FCPE pour sa lutte contre les « LGBT phobies » à l’école.

Théorie du genre ?

N’en déplaise aux activistes de la Manif pour tous, l’école a aussi pour mission de lutter contre les inégalités, notamment celles qui perdurent entre garçons et filles et de lutter contre l’ensemble des discriminations.

Il n’existe pas de “théorie du genre” mais il existe de nombreux travaux « sur le genre » reposant sur l’idée que les stéréotypes sexués sont socialement construits, et que la différenciation sexuelle des places occupées dans la société par les hommes et les femmes n’est pas prescrite par la nature.

Le Ministère de l’Education Nationale (MEN) a voulu se saisir de cette question en donnant des outils concrets aux enseignants : les ABCD de l’égalité avaient été expérimentés dans 600 classes à la rentrée 2013, ils devaient être ensuite étendus. L’objectif était d’agir dès l’école primaire pour lutter contre la formation des stéréotypes et inégalités de genre, en agissant sur les représentations des élèves. Il offrait aux enseignants des outils et des ressources pour aider à la prise de conscience des préjugés et transmettre une culture de l’égalité entre les sexes. L’expérimentation devait être évaluée au printemps 2014 en vue d’une généralisation. Sous la pression de différents groupes réactionnaires, avec notamment la journée de retrait de l’école, le gouvernement avait reculé en 2014. Que l’on conteste le fait de mettre en place un dispositif contre les inégalités est déjà, en soi, inquiétant. Que, conséquence logique, on nie les inégalités entre hommes et femmes dans notre pays est absurde. C’est aussi tragiquement rétrograde.

Le MEN ne propose donc plus la généralisation de ces ABCD mais plusieurs ressources en ligne pour promouvoir l’égalité filles/garçons. Cette promotion fait alors partie des nombreuses missions de l’école mais n’est plus clairement concernée par un dispositif institutionnellement affiché. Quelques réponses pour les parents

Si l’école travaille sur les stéréotypes filles ­garçons, c’est pour qu’ils ne soient pas un carcan pour les enfants, et qu’ils ne limitent pas leur épanouissement personnel de filles ou de garçons. On ne met pas dans la tête des enfants qu’ils pourraient choisir leur sexe ! Leur identité ne sera pas brouillée, ils pourront au contraire mieux s’affirmer individuellement : on leur montre qu’être fille ou garçon ne doit pas forcément conditionner leurs choix de loisirs, de lectures, de sports, de métiers...

La « complémentarité des sexes » est un mythe, chaque fille, chaque garçon est un être unique, et il n’existe pas de particularités de goût, de caractère ou d’aptitude qui seraient partagées par toutes les filles ou par tous les garçons.

L’éducation à l’égalité et l’éducation à la sexualité existent depuis longtemps à l’école, il n’y a rien de nouveau. Il ne s’agit pas de parler de pratiques sexuelles, encore moins de faire des démonstrations !

C’est une éducation au respect entre les sexes, afin de prévenir et d’empêcher les violences sexistes et/ou homophobes et les abus sexuels, doublée de quelques notions de science sur la reproduction animale et humaine.

Quant à faire la promotion de l’homosexualité, cela ne tient pas : on ne choisit pas d’être homosexuel­-le, ni hétérosexuel­-le d’ailleurs. Donc parler de couples homosexuels, c’est parler d’amour, d’affection (et non de pratiques, là encore), et cela n’aura pas de conséquences sur l’orientation sexuelle des enfants.

En revanche, cela peut éviter des suicides pour celles et ceux qui se découvriront homosexuel­-les à l’adolescence. Qui se cache derrière les vigi­gender ?

Ces collectifs de parents auto­proclamés sont des émanations de La Manif pour tous, certains ayant aussi des liens avec l’Association des Familles Catholiques. Faute d’avoir pu empêcher l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, ils s’en sont pris à l’école publique, dès septembre 2013. A l’époque, leur cible était les ABCD de l’égalité. Il s’agit donc clairement d’une offensive de l’extrême droite et des catholiques traditionalistes, visant à l’ingérence des familles par rapport aux contenus d’enseignement, jetant la suspicion sur toutes les activités d’éducation contre les discriminations. La diffusion de la brochure issue du «  Vigigender » démontre qu’il ne faut pas baisser la garde et continuer à se battre pour plus d’égalité au sein de notre société et contre les idées réactionnaires.

 

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