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2 octobre 2015

Refus de titularisation pour un stagiaire récalcitrant

Après s’être opposé à des demandes abusives ou illégales, il n’est pas titularisé malgré des rapports de stage satisfaisants.

Les professeurs des écoles stagiaires (PES) lauréats du concours exceptionnel 2014, en « formation » en 2014-2015 à l’issue d’un Master2, ont été nommés sur un poste à temps plein tout au long de l’année, et donc sans aucune formation professionnelle à l’ESPE dans leur cursus. Peut-être par mauvaise conscience, l’administration a mis en place une formation de 3 jours pendant les vacances de février 2015, qu’elle a présentée comme obligatoire. Alertés par les stagiaires, le SNUipp-FSU est intervenu pour rappeler, textes à l’appui, que les PES effectuant déjà un temps complet en classe et donc l’ensemble de leurs obligations de services, cette formation ne pouvait être que facultative. La rectrice a reconnu ces arguments mais, dans le Tarn, l’administration s’est entêtée, envoyant des convocations valant ordre de mission, répétant que les PES étaient des fonctionnaires et se devaient d’être loyaux, de répondre à une convocation de leur employeur... même si au final elle est abusive. Quoi qu’il en soit, les PES et les syndicats ont obtenu une réunion afin de clarifier les choses : l’administration a maintenu la pression sur les stagiaires pour que le maximum d’entre eux soient présents lors du stage et que celui-ci ne soit pas organisé « à perte ». Certains PES n’ont pas hésité à s’exprimer, à faire référence aux textes, à mettre l’administration face à ses incohérences et sa volonté de ne pas perdre la face.

Un des collègues qui s’est exprimé le plus clairement et à plusieurs reprises lors de cette réunion l’a payé très cher puisque il n’a pas été titularisé par le jury académique début juillet. Pourtant, tous les rapports de visite de l’année (par les PEMF et conseillers pédagogiques) étaient positifs et ne laissaient en aucun cas présager d’une autre issue que la titularisation. C’est un rapport d’inspection, commandé en fin d’année, qui a tout renversé. Il faut dire que ce collègue avait eu la mauvaise idée de contacter, pour demande d’informations, le délégué auprès du Défenseur des Droits au sujet de la façon dont se mettait en place le dispositif ELCO (Enseignement des Langues et Cultures d’Origine) sur son école. Pour rappel, le dispositif ELCO est un enseignement proposé dans les écoles en dehors de heures de classe par des intervenants extérieurs habilités par l’Education Nationale sur les langues et cultures espagnole, portugaise, arabe... Pendant un temps, les consignes étaient de proposer ce dispositif en priorité aux élèves issus de ces cultures et pays mais cette pratique s’est vite révélée discriminatoire. Malheureusement, les consignes n’ont pas forcément été mises à jour et les habitudes ont la vie dure... Le délégué du Défenseur des Droits, de sa propre initiative, a interrogé la DASEN qui n’a pas apprécié de voir ces pratiques remises en cause et que cela atterrisse sur le bureau du Défenseur des Droits. Comment peut-on reprocher à ce collègue de s’interroger, lorsqu’on est entré dans sa classe en demandant aux élèves d’origine arabe, espagnole... de lever la main ? Comment peut-on reprocher à ce collègue d’interroger à ce sujet le délégué du Défenseur des droits du Tarn, alors même que le droit de tout citoyen de se rapprocher du Défenseur des Droits est inscrit dans la Constitution ? Au final, ce collègue a été convoqué début avril 2015 par la DASEN pour un entretien pour s’expliquer, notamment sur cette saisine du Défenseur des Droits. A l’issue de cet entretien, on lui a annoncé qu’il serait inspecté 2 jours plus tard, en vue de sa titularisation... Le jury académique qui s’est réuni début juillet et s’est appuyé essentiellement sur ce dernier rapport d’inspection, malgré les contre-arguments du collègue stagiaire, a donc décidé de ne pas le titulariser.

Ce collègue a lancé une procédure de recours au Tribunal Administratif qui n’a pas abouti pour une question de forme, ainsi qu’un recours direct à la Rectrice et à la Ministre, qui renvoie vers la Rectrice. Cette dernière n’a toujours pas accédé à sa demande. Le SNUipp-FSU le soutient dans toutes ses actions et a adressé plusieurs courriers auprès de la Rectrice qui sont restés sans réponse.

Cet épisode, en plus d’installer chez nos nouveaux collègues une suspicion vis-à-vis des dires et pratiques de l’administration, serait-il révélateur d’une volonté de formatage des jeunes collègues, voire de mise au pas des collègues qui oseraient s’opposer à l’administration ? Est-ce cela, le nouveau management public ? Cette gestion ne risque pas d’aider à la résolution de la crise de recrutement dans nos métiers, ni d’améliorer le bien-être au travail de nos collègues, bien-être que la recrudescence de démissions en ce début d’année, ainsi qu’un taux de suicide parmi les plus hauts de France pour notre académie, semblent démentir.

Article envoyé en copie aux médias locaux, régionaux et nationaux.

Lire aussi :

article de la Dépêche du lundi 5 octobre 2015

Mercredi 7 octobre, devant le rectorat, un collègue soutenu par le SNUipp-FSU défend ses droits.

 

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