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19 décembre 2014

Réfléxions sur les APC

Genèse des « activités pédagogiques complémentaires » (APC)

Depuis la « réforme » Darcos, les élèves bénéficient de 24 heures de classes, et éventuellement, pour ceux qui en auraient besoin et dont les parents l’acceptent, de plusieurs heures (60 maximum) annualisées d’« aide personnalisée » (AP). Sous couvert d’instaurer une aide aux élèves en difficulté, la « réforme » avait diminué le temps de classe de l’ensemble des élèves et fait disparaître un tiers des postes de RASED.

C’est à l’occasion de la réforme des rythmes scolaires que sont apparues les APC (circulaire 2013-017 du 06/02/2013 § 5). Les 24 heures de classe dues à tous les élèves ont été maintenues, mais les 60 heures d’APE ont été remplacées par 36 heures d’APC. A y regarder de plus près, ce sont les enseignant-e-s qui doivent précisément ces heures, les élèves, quant à eux « peuvent […] bénéficier chaque semaine d’activités pédagogiques complémentaires » sans qu’à aucun moment la durée ne soit précisée.

Comme pour l’APE, ces temps ne sont pas obligatoires et nécessitent l’accord des parents. Le contenu est différent : ces activités peuvent être « une aide aux élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages ; une aide au travail personnel ; la mise en œuvre d’une activité prévue par le projet d’école, le cas échéant en lien avec le PEDT. »

On peut déjà tirer quelques enseignements des termes employés. Pour le SNUipp-FSU, il n’y a pas de hiérarchie entre les champs disciplinaires, ni entre les différents types d’activités qui ont toutes leurs raisons d’être en classe même si leur alternance est nécessaire. Il n’y a donc ni « activités principales », ni « activités complémentaires »… De même, pour les trois axes autour desquels doivent être organisées les APC, on se demande bien ce qui justifierait qu’ils ne fassent pas partie de l’enseignement obligatoire !

Ni sur le temps scolaire, ni en dehors…

Il y a bien une sorte de retournement de tendance dans l’approche des difficultés scolaires étroitement corrélées aux difficultés sociales. Depuis les années 1980, la prise en compte de ces difficultés est allée dans deux directions. L’une, géographique, a été la création des zones d’éducation prioritaire (ZEP) dont la philosophie était « donner plus à ceux qui ont moins », le principe étant d’augmenter le taux d’encadrement, de stabiliser les équipes (indemnité) et de tenter de créer des synergies entre les acteurs des politiques de la ville, des différents ordres d’enseignement… La deuxième direction a été la création des RASED en lieu et place des GAPP, donc de remettre au cœur de l’école, de la classe la question de la difficulté scolaire. Depuis le milieu des années 1990, la massification, la démocratisation scolaire marque le pas à tel point que les évaluations internationales (avec toutes les réserves d’usage) montrent que l’école française est l’une des plus inégalitaires. La période n’étant pas à distribuer davantage de moyens, le politique a alors cherché d’autres solutions, il a découvert l’externalisation. Toujours en suivant les mêmes directions : remplacer l’aide spécialisée sur le temps scolaire par l’aide personnalisée en dehors et pour l’« acculturation », la sortir de l’école à travers les activités périscolaires. Celles-ci sont d’ailleurs en partie prises en charge depuis cette année par le budget de l’éducation nationale !

L’APC, ni sur le temps scolaire, ni en dehors, prend la forme de remédiation pour certains élèves (souvent les plus faibles et donc les plus « socialement défavorisés ») mais d’ouverture culturelle pour les plus chanceux. Elle repose essentiellement sur les adjoints en charge de classe : les directeurs, les PEMF, les maîtres de RASED ne l’assurent pas ou en sont partiellement dispensés et aucun d’entre eux ne revendique de les assurer. Une école d’application en ZEP ne met pas en place les APC alors que la difficulté scolaire ou l’éloignement culturel pourraient, si elle avait fait la preuve de son efficacité, le justifier.

La réussite, c’est le même temps pour tous

Amener tous les élèves à la maîtrise des savoirs et des nouvelles compétences à construire et à développer est un vrai défi. Dans un monde en rapide évolution, l’école doit aider tous les élèves à apprendre, à penser le monde et le dire, à exercer leur esprit critique, à s’ouvrir au monde, à organiser et donner du sens aux savoirs accessibles partout et en tous lieux, en privilégiant la transversalité. L’éducation de tous, tous ensemble s’inscrit dans un champ de valeurs avec des repères, permettant ainsi aux élèves de développer leurs capacités de réfléchir, d’agir, de se déterminer sur des choix de société notamment en direction des aspects environnementaux ou éthiques, s’émanciper des déterminismes sociaux (liés au genre, à l’origine...).

Pourquoi une consigne ?

Tout d’abord interrogeons-nous sur « qui défend les APC » ? Sachant que ne pas s’opposer ou ne pas oser s’opposer ne veut pas dire adhérer. Quels arguments pourrait-on développer pour défendre les APC ? Et, mis à part les enseignants du premier degré, on peut même se demander qui sait qu’elles existent, qui sait quel doit être leur contenu, quelles sont leurs finalités ? La difficulté à répondre à ces questions suffirait à mettre en évidence le caractère indéterminé, flou et peu porteur de sens de cet exercice pourtant imposé à la majorité de nos collègues.

Il est juste de dire que les APC ne déclenchent pas nécessairement la colère dans les écoles comme pouvaient le faire l’APE dont les finalités politiques étaient plus clairement identifiables (casse des RASED et baisse du temps scolaire) mais elles font partie de ces tâches sans beaucoup de sens qui compliquent le travail sans que l’on puisse espérer en tirer des bénéfices, tant sur les résultats des élèves que pour la qualité de l’enseignement. Certains avanceront qu’elles constituent un moment privilégié de travail en petits groupes qui donnent satisfaction aussi bien aux maîtres et maîtresses qu’aux élèves et c’est certainement vrai. Mais la réalité est que la majorité de nos collègues l’assure sans beaucoup de conviction parce qu’il faut bien le faire quand d’autres mettent en place des stratégies de contournement pour éviter dans le même temps le pensum d’une heure hebdomadaire de classe supplémentaire et le risque de la sanction administrative.

 

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