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29 mai 2014

« Socle commun de connaissances, de compétences et de culture »

Les organisations syndicales, les fédérations de parents sont actuellement auditionnées par le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) sur le socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Le SNUipp-FSU a été reçu lundi 19 mai (voir intervention ci-dessous). Le projet devra être remis au ministre d’ici la mi-Juin. Une consultation des enseignants sera organisée à l’automne.

Le CSP nous a présenté l’architecture et la philosophie de ce nouveau socle. Pour le CSP « le nouveau socle constitue « le programme général correspondant aux cycles de l’école élémentaire et du collège. Il définit les grands domaines de formation des élèves en visant leur cohérence d’ensemble. A partir de là, il sera décliné et précisé par des programmes détaillés précisant les connaissances et compétences visées par cycle et par domaine de formation ou discipline ».

Il couvrirait 5 domaines. En voici les grandes lignes présentées par le CSP :

  • les langages fondamentaux : L’élève y acquiert des savoirs et compétences sollicités comme outils de communication, de travail et de pensée.
  • les méthodes et outils d’apprentissage : l’élève construit l’autonomie et le goût de l’initiative ; ce domaine doit favoriser l’implication dans le travail commun, la recherche et la coopération.
  • la formation de la personne et du citoyen : l’élève y acquiert des capacités d’esprit critique et de jugement, en même temps que le sentiment d’appartenance à une collectivité.
  • l’observation et la compréhension du monde : l’élève dispose d’une culture scientifique et technique suffisante pour comprendre le monde dans lequel il vit et les grands défis de l’humanité.
  • L’activité humaine dans un monde en évolution : Il s’agit d’acquérir les repères indispensables pour se situer dans l’espace et dans le temps, de s’initier aux représentations par lesquelles les hommes tentent de comprendre le monde dans lequel ils vivent, de commencer à identifier les façons dont ils l’organisent et à en percevoir les enjeux.

Ce qu’en dit le SNUipp-FSU :

Définir des contenus ambitieux que tous les jeunes doivent acquérir et maîtriser est un enjeu culturel et politique majeur. Il faut à la fois s’accorder sur ce que la nation doit enseigner aux nouvelles générations mais aussi s’assurer que ces mêmes générations accèdent et maîtrisent tous les éléments d’une culture commune pour tous. C’est là un enjeu de justice scolaire mais plus largement de justice sociale, alors que notre école laisse sur le bord de la route des élèves issus trop souvent des milieux défavorisés.

Au SNUipp-FSU, nous souhaitons aboutir à un consensus large. Pour cela, il est temps de tourner la page des clivages et de la logique du socle Fillon, le terme lui-même est désormais connoté.

Si nous pensons que c’est « un peu court » d’expliquer que le socle va résoudre les difficultés bien réelles de notre système éducatif, nous pensons aussi que c’est une fuite de ne pas vouloir s’attaquer concrètement aux connaissances et compétences que tous nos élèves doivent maîtriser.

Au SNUipp-FSU, nous nous engageons sur une voie, plus stimulante pour les enseignants et que l’on souhaite plus efficace pour les élèves. En ce sens, nous nous situons aussi résolument sur un plan professionnel : une fois les contenus ambitieux définis, ce qui est déterminant est « ce que les enseignants en font et ce que les élèves en retiennent ».

De fait, ce débat doit donc s’articuler et se penser avec des leviers comme la formation des enseignants, mais aussi les conditions d’apprentissages des élèves et de travail des enseignants.

1 – Les enseignants et le pays n’ont besoin que d’un référentiel en termes de contenus à enseigner. Cela doit être des programmes nationaux

Le SNUipp-FSU refuse un système avec deux référentiels socle/programmes qui peut conduire à un tri, notamment social, des élèves et organise une école inégalitaire. Les nouveaux programmes doivent être le seul référentiel des enseignements pour tous. Notre école doit sortir de cette confusion professionnelle vécue à travers le LPC qui doit être supprimé.

De ce point de vue, nous soulignons que la présentation de votre projet actuel apporte une première clarification utile : le nouveau socle est conçu comme « un programme général » devant être atteint à la fin du collège tout en permettant la poursuite d’études. Découleraient, à partir de là, des programmes détaillés précisant les connaissances et les compétences visées par cycle et par domaine. C’est à l’aulne de cet ensemble global que nous pourrons juger de la cohérence et de l’ambition du projet.

2 – Une culture commune ambitieuse pour tous

Amener tous les élèves à la maîtrise des savoirs et des nouvelles compétences à construire et à développer est un vrai défi. Dans un monde en rapide évolution, l’école doit être le lieu de la formation d’une personne citoyenne et émancipée, capable de faire des choix éclairés, capable de penser le monde, de le dire et d’agir sur le monde qui l’entoure, capable de créer, de ressentir, de s’exprimer, de coopérer, ... Une école permettant le développement langagier, culturel, cognitif, physique et artistique, … en privilégiant la transversalité.

Nous demandons que notre école conjugue bien apprendre et bien-être en prenant en compte la diversité de tous les élèves qui sont « tous capables » de réussir. L’éducation s’inscrit dans un champ de valeurs avec des repères, permettant ainsi aux élèves de développer leurs capacités de réfléchir, d’agir, de se déterminer sur des choix de société, notamment en direction des aspects environnementaux ou éthiques, s’émanciper des déterminismes sociaux (liés au genre, à l’origine...). Intégrer les nouvelles technologies aux pratiques de classe pour permettre à tous les élèves d’accéder à un usage réflexif des outils de leur temps, dans une démarche coopérative et de mutualisation, fait aussi partie des éléments de culture commune. Toutes ces composantes doivent se retrouver dans les 5 domaines.

Mais pour déterminer ces incontournables, on ne peut se contenter de laisser les élèves les plus en difficulté travailler des tâches ou des compétences de bas niveau. Surtout, que l’on sait que rabaisser les exigences n’est pas un gage que les fondamentaux soient maîtrisés et que c’est par la complexité que l’on arrive aussi à faire sens et donc à maîtriser réellement. Il faut un haut niveau d’exigence pour tous.

3 – Connaissances et compétences vont de pair : l’évaluation au service des apprentissages

Nous insistons sur le fait que les compétences-clés telles quelles sont définies par la recommandation du parlement européen ne sont pas lisibles, ni par les enseignants ni par les parents et qu’elles ne permettent pas une articulation cohérente avec les programmes. Nous ne souhaitons pas qu’elles apparaissent ici. L’organisation en domaines regroupant compétences et connaissances et mettant en évidence l’articulation entre elles paraît plus pertinente : des savoirs « hors sol », ne servent à rien. Ils doivent être réinvestis, transférés dans de nouvelles situations. Inversement, des compétences doivent s’appuyer sur des savoirs, des savoirs-être, …

Reste alors à savoir comment l’école évalue toutes ces compétences « savantes ». Si on se place d’un point de vue professionnel, c’est le principal nœud du débat sur le socle.

Notre système est marqué par la compétition, la réussite scolaire étant très corrélée à la hiérarchie sociale. Classement, notation et calcul de moyennes en sont des traductions qu’il faut dépasser. Le gouvernement s’est engagé à rompre avec une longue tradition d’évaluation sanction. Des évaluations plus positives au service de la réussite des élèves doivent être élaborées. Les outils de communication aux parents doivent être améliorés et du temps doit y être consacré. Nous réaffirmons notre opposition au classement et à la mise en concurrence des écoles.

De même, si les activités hors temps scolaire peuvent permettre aux enfants d’acquérir différentes compétences, les enseignants ne peuvent être ceux qui évaluent ces compétences ou les valident. Nous ne sommes donc pas favorables à la reprise de port-folio où les enseignants valideraient de compétences acquises hors du temps scolaire. « L’école ne peut exiger ce qu’elle n’a pas appris ».

Pour l’évaluation, nous demandons la suppression du LPC, véritable usine à cases. Les enseignants doivent être guidés par des attendus à la fin de chaque cycle inscrits dans les programmes.

La validation ne peut se faire qu’en fin de parcours. Nous ne portons pas la mise en place de paliers à valider en cours de scolarité ou à la fin des cycles. Le socle ne peut être une fin en soi et doit porter l’ambition de la continuité des études aux lycées pour tous.

 

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