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15 mai 2013

L’arrestation des enfants de sans-papiers dans les écoles est-elle légitime selon le ministre de l’intérieur Manuel Valls ?

La question mérite en tout cas d’être posée suite aux événements survenus la semaine dernière dans une école de Nîmes.

- Communiqué commun FCPE, FSU, CGT Educ’action, SNUipp-FSU, Sud-Education, CIMADE, GISTI, LDH, MRAP, RESF du 14 mai 2013

- Extrait du texte action du CN du SNUipp-FSU des 14 et 15 mai

Le 6 mai, Khava Plieva, réfugiée tchétchène déboutée de sa demande d’asile était arrêtée et placée en rétention pour être expulsée vers la Pologne en application des accords dits Dublin 2. Ses deux enfants étaient en classe, à l’école Gustave Courbet à Nîmes, l’un en maternelle, l’autre en primaire. La police téléphonait aux directeurs pour leur demander de retenir les enfants afin qu’ils soient arrêtés après la sortie des élèves, sans doute pour ne pas procéder à leur interpellation sous les yeux des autres enfants et des parents.

Mais, un voisin, dûment autorisé par la mère des enfants, s’est présenté et les a emmenés. Il faut se réjouir que l’intérêt supérieur des enfants soit passé avant les considérations policières et qu’ils n’aient pas attendu pour être emprisonnés avec leur mère. Arrivés avec deux voitures et un fourgon les policiers ont dû constater leur absence.

La préfecture du Gard a finalement reculé : Khava Plieva a été libérée après 48 heures de rétention, le 8 mai vers 21 h, une mesure prise « dans l’intérêt supérieur des enfants » assure le préfet. Une préoccupation étonnante de la part d’un haut fonctionnaire qui venait d’emprisonner une mère et de tenter de faire arrêter ses enfants à la porte de l’école pour les enfermer avec elle avant de les expulser. Mère qui aujourd’hui craint de ramener ses enfants à l’école par peur d’une interpellation.

S’il s’agit d’une initiative malheureuse d’un préfet, il faut que le ministre la condamne et annonce les mesures propres à empêcher qu’elle se reproduise. Ne pas le faire reviendrait à autoriser que l’on arrête des enfants de sans-papiers dans les écoles, une pratique qui évoque de bien mauvais souvenirs. Rappelons que, quand il était Ministre de l’Intérieur M. Sarkozy avait tenté de systématiser le procédé. L’indignation des enseignants, des parents d’élèves l’avait contraint à pratiquement y renoncer tout comme ses successeurs Hortefeux et Besson. Les dernières opérations de police connues aux abords d’une école, des faits isolés en réalité, datent du 1er décembre 2008, à Grenoble, puis du 7 janvier 2011 à Langeac (43).

La pratique de l’arrestation des enfants dans ou à la porte des écoles est inacceptable. La société civile ne l’a pas tolérée sous Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas plus acceptable aujourd’hui.

  • Extrait du texte action du CN du SNUipp-FSU des 14 et 15 mai 2013 :

Le SNUipp-FSU condamne la venue de fonctionnaires de police à l’intérieur de l’enceinte d’une école du Gard afin de récupérer de jeunes élèves dont la mère, arrêtée, avait été placée en rétention pour défaut de papiers. Il rappelle le droit à l’éducation pour tous et son attachement à ce que l’école et ses abords restent un lieu protecteur.

Le SNUipp-FSU interviendra auprès des ministères de l’éducation nationale et de l’intérieur pour demander que ces interventions policières ne se produisent plus.

Le SNUipp-FSU soutiendra les collègues dans leurs actions visent à assumer les droits à l’éducation et de protection des mineurs sans papiers ou de sans-papiers.

 

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