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17 novembre 2012

Refondation : RĂ©sultats de l’enquĂŞte SNUipp, la parole des enseignants

Les enseignants sont favorables à une réforme, mais pas n’importe laquelle. Explications avec l’enquête du SNUipp/Harris qui leur donne la parole et porte leurs voix dans les négociations.

Faut-il rĂ©former l’école ? A cette question les enseignants ne rĂ©pondent pas non Ă  l’heure oĂą se nĂ©gocie le contenu de la future loi d’orientation et de programmation pour l’école et celui de nouvelles circulaires. Le SNUipp n’a cessĂ© depuis l’ouverture de la concertation en juillet de demander qu’on entende leur parole. Mais l’oreille du ministère n’y est pas toujours très attentive ; il avait par exemple refusĂ© d’accorder une demi-journĂ©e banalisĂ©e pour participer Ă  cette concertation. Alors, le syndicat est allĂ© la recueillir cette parole, pour mieux la porter dans les nĂ©gociations. Une dĂ©marche approuvĂ©e par les intĂ©ressĂ©s. Ils ont Ă©tĂ© près de 24 000 Ă  rĂ©pondre Ă  l’enquĂŞte conduite avec Harris interactive. La quasi totalitĂ© d’entre eux estiment que le syndicat doit jouer un rĂ´le de passeur, entre les enseignants et le ministère. C’est le cas par exemple Ă  92% pour la rĂ©forme des rythmes. Ces rĂ©ponses valident la dĂ©marche du SNUipp et renforcent les propositions qu’il soutient. Mais le principal enseignement est dans le fait que les enseignants plĂ©biscitent Ă  89% l’idĂ©e d’une rĂ©forme du primaire. Il s’agit d’un soutien « sur le principe » car ils ne veulent pas n’importe quelle rĂ©forme. Si le primaire doit ĂŞtre la prioritĂ© comme l’affiche le gouvernement, la rĂ©forme doit se concentrer sur les aspects qui fonctionnent le moins bien Ă  l’école et qui conduisent environ 15% Ă  20% des Ă©lèves Ă  rentrer au collège avec des difficultĂ©s en Français et en maths.

Les rythmes, l’arbre qui cache l’ampleur des enjeux

Depuis plusieurs semaines le débat public a focalisé sur la réforme des rythmes (qui ne figure pas dans la loi mais doit faire l’objet d’une circulaire), réduisant du coup l’ampleur des enjeux. Chez les professeurs des écoles les avis sont partagés, seuls 35% considèrent que c’est une action prioritaire. Mais la moitié d’entre eux sont favorables au passage à la semaine de 4 jours et demi. S’ils souhaitent un changement, c’est surtout sur la mise en place d’une alternance entre 7 semaines de classe et 2 semaines de vacances pour 85% d’entre eux. De même, 61% réclament des cours finissant à 15h30. En tout état de cause, plus des trois quarts des maîtres estiment que l’intérêt des élèves doit primer sur celui des enseignants et des parents.

Pour les enseignants, les principales mesures attendues sont la diminution des effectifs par classe, la refonte de la formation des maîtres, le plus de maîtres que de classes, des moyens supplémentaires pour les écoles qui concentrent le plus grand nombre de difficultés scolaires... Parmi les principales préoccupations figurent les évaluations nationales. Pour 70% elles doivent avant tout servir à comprendre la nature des difficultés et des réussites des élèves en début d’année. D’autre part, ils sont 61% à penser que l’aide personnalisée doit être intégrés au temps d’apprentissage. Cette réflexion s’accompagne du souhait de repenser les dispositifs d’aide à la difficulté scolaire.

Retrouver la confiance

Autre question très importante, celle de leurs conditions de travail. 80% estiment qu’elles ne sont pas bonnes et 96% qu’elles se sont dĂ©gradĂ©es ces dernières annĂ©es. Autre ressenti chez 61% des enseignants, celui que leur image s’est singulièrement dĂ©gradĂ©e (mĂŞme si eux-mĂŞmes jugent Ă  65% qu’elle est bonne). Une impression qui ne colle pas avec un prĂ©cĂ©dent sondage rĂ©alisĂ© en septembre par le SNUipp. 81% des français ont une bonne image de la maternelle et 64% de l’élĂ©mentaire. Comment expliquer ces points de vues contradictoires. Les relations avec les parents ne semblent pas constituer un point de tension pour une grande majoritĂ©. Peut-ĂŞtre faut il y voir l’expression d’un mal ĂŞtre, qui a gagnĂ© une part de la profession comme le soulignaient un rapport d’Eric Debarbieux et une enquĂŞte de l’Inspection gĂ©nĂ©rale. Le journaliste spĂ©cialiste de l’éducation Emmanuel Davidenkoff y voit les effets « des discours politiques depuis dix ans ». « Aujourd’hui, un enseignant de 35 ans, au sommet de son Ă©nergie et de sa compĂ©tence, a passĂ© les dix premières annĂ©es de sa carrière Ă  entendre qu’il ne savait pas faire son mĂ©tier, alors qu’il devrait ĂŞtre le levier du changement » dit-il. Les enseignants ont perdu de la confiance dans l’institution et dans leur travail. Un vĂ©cu douloureux quand leur principale prĂ©occupation est la rĂ©ussite des Ă©lèves. MalgrĂ© tout la bonne image qu’ils ont d’eux-mĂŞmes prouve que l’envie de bien faire est lĂ . Aucune rĂ©forme ne pourra ĂŞtre rĂ©ussie sans s’appuyer sur ce potentiel. Les enseignants disent oui Ă  une rĂ©forme, mais dans l’intĂ©rĂŞt commun des Ă©lèves et des enseignants. Leurs voix doivent ĂŞtre entendues.

Lire :

la note de synthèse des résultats

les résultats détaillés de l’enquête

Lire aussi :

le communiqué du SNUipp-FSU

 

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